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Constantin Brâncuși FR
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Constantin Brâncuși FR

Savais-tu que même les histoires vraies commencent par « il était une fois » ? Constantin Brâncuși est l’un des plus célèbres sculpteurs roumains de l’époque moderne et de l’art contemporain. L’artiste disait avoir toujours été inspiré par la simplicité, l’amour de la nature et le bon sens des Roumains, et ces valeurs se retrouvent dans toute son œuvre.

Le petit Constantin, cinquième enfant de la famille Brâncuși, est né le 19 février 1876 près de Târgu-Jiu. Maria et Nicolae, ses parents, avaient l’habitude de l’envoyer garder les moutons dans une bergerie, où il passait son temps à sculpter le bois et à écouter les histoires des bergers. Il a appris à sculpter le bois dès son enfance, auprès de son grand-père et de son père, qui fabriquaient toutes sortes d’objets nécessaires à la vie domestique, mais le petit Constantin allait transformer cet artisanat en art. Un jour, alors qu’il n’avait que sept ans, le garçon partit à pied vers Târgu-Jiu, avec l’idée de découvrir le monde au-delà de son village.

Pour gagner de l’argent, Constantin fut apprenti chez un teinturier de toiles et chez un vendeur qui lui faisait porter les lourds paniers des clients. Voyant son talent, son employeur, Ion Zamfirescu, l’aida à étudier à l’École des arts et métiers de Craiova. Après l’obtention de son diplôme, Brâncuși se rendit à Bucarest pour étudier aux Beaux-Arts.

— Tu es talentueux. Oserais-tu sculpter le buste du général Carol Davila, le célèbre médecin qui a transformé avec succès le système médical ? lui demanda un jour le docteur Dimitrie Gerota.

Bien que Constantin ait beaucoup travaillé pour ce buste et qu’il ait modelé le plâtre avec habileté, la commission chargée de le rémunérer décida que le buste n’était pas suffisamment réussi.

Triste et déçu, Brâncuși décida alors de quitter le pays, même sans argent. Il partit seul à pied vers Paris, à seulement 27 ans, rêvant d’étudier l’art en profondeur et de découvrir le monde.

Le voyage fut difficile : le jeune homme dormit souvent à la belle étoile, vendit sa montre et ses vêtements, lava la vaisselle dans des restaurants, endura la faim et le froid pour pouvoir continuer. Mais après un an, il arriva en France et s’inscrivit à l’École des beaux-arts.

En 1907, Constantin fut accepté comme apprenti dans l’atelier d’Auguste Rodin, un sculpteur français très célèbre de l’époque, souvent comparé à Michel-Ange.

— Reste travailler avec moi ! lui proposa Rodin après seulement un mois.
— Maître, à l’ombre des grands arbres, rien ne pousse ! répondit fièrement Brâncuși, quittant l’atelier pour toujours. Je veux trouver mon propre chemin !

Ainsi, entre 1907 et 1910, Constantin Brâncuși réalisa trois grandes œuvres de jeunesse : La Prière (Rugăciune), Le Baiser (Sărutul) (dans sa première version) et La Sagesse de la Terre (Cumințenia pământului). Beaucoup de ses créations ultérieures furent inspirées par des personnes réelles. En plus de tous les visages sculptés par Brâncuși, l’artiste a également créé d’autres « formes pures » étonnantes par les sentiments qu’elles expriment : dynamisme, spiritualité, sensibilité, en plâtre, marbre, bronze et bois. Dans Le Baiser, il a utilisé la technique de la taille directe, et cette sculpture est considérée comme la première sculpture moderne du XXᵉ siècle.

Cependant, très peu des œuvres de Brâncuși se trouvent encore en Roumanie ; la plupart peuvent être admirées dans les plus grands musées et collections du monde. C’est pourquoi on peut dire sans aucun doute que Târgu-Jiu est une ville unique au monde. On y trouve l’ensemble monumental de la Voie des Héros (Calea Eroilor), réalisé entre 1937 et 1938. Presque tous les couples qui arrivent dans le parc central s’enlacent et s’embrassent en passant sous la Porte du Baiser (Poarta sărutului), puis poursuivent leur chemin vers l’Allée des Chaises (Aleea scaunelor), le long de laquelle se trouvent trente sièges en pierre que les gens ont associés à de nombreux symboles, tels que les mois du calendrier ou des moments de méditation sur la vie et même sur la mort. À Târgu-Jiu se trouvent également la Table du Silence (Masa tăcerii) et la Colonne sans fin (Coloana Infinitului), qui font elles aussi partie de l’ensemble sculptural connu de tous les Roumains. Celui-ci a été conçu comme un hommage aux héros tombés pendant la Première Guerre mondiale.

Après avoir achevé cet ensemble, Constantin Brâncuși quitta la Roumanie et se dirigea de nouveau vers la France. À cette époque commença la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle la Roumanie fut soumise à un régime politique très compliqué et restrictif, qui n’encourageait ni l’art moderne ni la créativité. Bien que le sculpteur ait souhaité offrir à l’État roumain les œuvres qu’il avait créées, les communistes les refusèrent ; l’artiste légua donc son atelier et ses créations à l’État français. Aujourd’hui, son atelier parisien est transformé en musée et peut être visité.

Après le grand Brâncuși, il est resté plus de 200 sculptures et dessins ainsi que plus de 1 500 plaques photographiques. De son vivant, ses œuvres furent à la fois aimées et critiquées. Il participa à de nombreuses expositions en Roumanie, à Paris, Londres, New York, Amsterdam et Venise, et fut visité par des collectionneurs du monde entier. Il cessa de sculpter au début des années 1950 et s’éteignit le 16 mars 1957, à l’âge de 81 ans

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